dimanche 4 janvier 2009
Vox Populi (2nde manche)
J'ai aussi revu mon Jedi en jupon et on s'est fait une toile tous les deux. Je ne sais pas comment ça va évoluer...
Piqure de rappel pour ceux qui ne connaissent pas le Jedi en jupon :
Il y a quelques jours, une amie et moi avons décidé d'aller au cinoche.
Avant la séance, je m'aperçois que je n'ai rien avalé de la journée. Du
coup, pendant qu'elle se fume une clope en téléphonant à un de ses
étudiants, j'entre dans le restaurant gastronomique américain le plus
proche du cinéma, pour me commander un gros menu Mac Dégueu avec un
plaisir honteux et une excitation de gamin voleur de sucettes... le
bonheur ! En faisant la queue, je me sens léger. Il fait beau, le
soleil se couche sur ma ville, projetant cette lumière ambre et rose
sur tout ce qui m'entoure. Le matin même, ma voisine de 75 ans, à
laquelle j'avais rendu service en changeant chaotiquement un joint
d'évier en prétendant être un pro (quelle blague !), m'avait offert des
chocolats en m'assurant qu'on avait cassé le moule de jeunes hommes
comme moi depuis bien longtemps. Un peu plus tard une jolie contrôleuse
du bus, m'a épargné ses foudres en échange d'un sourire et de la
promesse que "Juré ! la prochaine fois je paye mon ticket !". Dans
l'après-midi, le Collège de France, m'appelle pour me faire part d'un
projet ambitieux auquel il faudrait que je participe "absôôôlument".
Dix minutes plus tard, on me propose le poste de responsable
scientifique d'une boite d'I.A... Enfin bref, une bien belle journée
mes amis !
Et là, ceux qui me connaissent attendent bien sagement avec un demi-sourire que ça tombe dans le gore, ou au mieux, dans l'humour noir. Mais non ! Même pas ! Pas cette fois-ci !
Je faisais donc la queue dans ce fast-food avec, je l'imagine, un sourire des plus niais scotché sur la face. Mon tour arrive, je m'apprête à commander ma ration de survie de la façon la plus commune : c-à-d le nez en l'air, fixant bêtement les enseignes lumineuses énumérant les différentes variantes de sandwich au gras et de boissons sur-caloriques, proposés à ma concupiscence, quand soudain quelque chose me fait baisser les yeux...
Une voix !! Mais quelle voix mes aïeux !! Une voix magique sortie de la petite serveuse haute comme trois pommes qui me regarde avec de grands yeux immenses que souligne un grand sourire tout juste sorti de l'enfance , contenant en lettres d'albâtre toute la joie de vivre, l'innocence, la fraicheur de quelqu'un à qui la vie ne peut que sourire. Quelle confiance dans ce sourire ! Quelle harmonie dans cette voix !
J'ai toujours été très sensible aux voix quelles qu'elles soient, mais surtout aux plus belles d'entre elles. Je pense que les voix sont comme les vins, elles se goûtent, se dégustent, certaines sont âpres d'autres douces, dures, longues en bouche. Vibrantes au palais, ronde ou encore fruitées. Il y a des parfums et des saveurs dans les voix. Une voix possède une robe, robe teintée des couleurs du passé et de l'expérience, ou robe d'une blancheur virginale. Robe de voix de vieillard dont les tons atones, effritent les nuances d'un camaïeu d'automne, de fin de vie bien remplie. Voix délavées de gens tristes ayant perdu leurs couleurs. Voix d'armure, voix de fer ou de velours. Voix de commandement, de corruption, de soumission. Voix de désir, enivrante, cassée, haletante, presque rauque, qui vous déshabille l'âme en quelques sons.
On peut écouter l'âme de quelqu'un si l'on sait
entendre sa voix. Dieu que de choses peuvent être contenues dans
certains sons ! Mes voix préférées sont les voix sortilèges : qui comme
une potion magique contiennent divers ingrédients précieux et rares qui
assemblés, enchantent le cœur et trompent les sens. Un peu de larmes
bleues de fée, quelques copeaux d'écorce d'arbre à rêve, un pincée de
limaille d'ironie, quatre gouttes de rire d'enfant, une lichette de
piment des diables, une bonne dose de bonne humeur ordinaire et le tour
est joué...
Ces voix ont la beauté immatérielle qui tranchent dans la réalité comme
le feraient certaines lames de légendes, des daishō du japon antique,
pliés couche après couche par un maître forgeron, des milliers et des
milliers de fois, chaque couche étant la marque d'un art et d'une vie
symbolique, pour leur conférer souplesse et pénétration à nul autre
pareil.
"Bonjour, bienvenue chez Mac Donald's ! Puis-je prendre votre commande?
- ...
- Monsieur?
- Euh...oui..oui, pardonnez-moi."
Ce qui me marque plus que tout dans cette voix,
et que je n'avais jamais entendu auparavant, qui ne m'était jamais
arrivé auparavant, est que cette voix avait le pouvoir de jouer avec
mon temps intérieur. Oh pas de grand chose ! Quelques micro-secondes
simplement... J'entends les sons sortis de ce petit être magique, et
pendant un infime laps de temps, cet écho résonne en moi. Le sens des
mots est en quelque sorte subordonné à leur musique propre, abstraite...
Ça y est ! J'ai trouvé ! Cette jeune femme ne parle pas, elle
incante... Elle manipule les sons de pouvoir, ce doit être un Jedi en
jupons. Je comprends tout très très légèrement à retardement. Ces mots
ont un impact sur mon tissu intérieur, sur la membrane de mon surmoi,
déclenchant une baston intérieure entre ma comprenette et mes sens pour
le partage des mots qu'elle égrène dans les odeurs de fritures rances
et de viandes trop cuites.
Je reste muet quelques temps, tape mon code de CB comme un zombie, puis la regarde avec un air qui doit être du plus haut comique, vu le sourire goguenard qui se dessine sous sa visière d'employée dynamique.
" Mac Donald's vous remercie ! Bonne soirée monsieur !
- ...
- Monsieur?
- Vous avez une voix à rester sans voix mademoiselle... "
Léger rosissement des joues.
" Je peux vous retourner le compliment ! incante-t-elle guillerette.
- Nan mais sérieux! vous devriez en faire quelque chose !"
Silence gêné de sa part
"J'ai dit quelque chose de mal ? demandai-je, inquiet...
- Non, non... Je faisais de l'assistance aux suicidaires par
téléphone avant de travailler ici, j'adorais ça mais les horaires
étaient infernaux... Et c'est la première fois qu'on me dit depuis deux
ans quelque chose sur ma voix. Et ça me rappelle avant...
-... ah bon, c'est cool ça, l'assistance aux..., lançais-je plein d'inspiration"
Et là on est interrompu par un impatient, très pressé de s'enfiler sa malbouffe. Je lui dis au revoir, prends mes paquets et me dirige vers la sortie.
"Monsieur ?!?
-Oui?
-Merci !
Echange de sourires...
Je n'aurais jamais pensé que "1 Big Mac et 1 grande frite, ça marche !" soit une formule magique...
On en apprend tous les jours...
Prostintuition
J'ai raconté cette rencontre chez Gaby il y a quelques mois. Je l'ai revu par hasard à Paris il y a peu, dans la rue,. Je n'étais pas sûr de moi mais j'avais l'intuition que ça pouvait être elle... Bingo! on a gentiment remis ça :)
Je ne suis pas très vieux, mais j'ai gagné ma vie de façon bien différentes les unes des autres...
En ce moment, je travaille sur des chantiers de rénovation. J'oscille joyeusement entre la maçonnerie et la charpente, de l'isolation à l'électricité, de la plomberie à la peinture, etc, etc. Ça me fait un bien fou! Le chantier est au black et mes copains et moi devons bien faire nos 10h effectives de taff tous les jours. Épuisant mais extrêmement rassérénant. Ce travail me convient d'autant plus, que comme la miss Gaby, je suis resté très très longtemps à la fac pour pondre une jolie thèse bien copieuse et bien hermétique. Puis j'ai enseigné dans cette même fac pendant deux ans. Puis je suis sorti des sentiers battus à plusieurs reprises après ça : j'ai plaqué la recherche pour gagner ma vie avec ma musique, puis j'ai fait barman, puis « modèles pour nus artistiques » (si si ! Je déconne pas...). Jusqu'à ce que l'amour que j'entretenais pour une jeune femme parisienne un peu jeune dans sa tête mais tellement fascinante me pousse à quitter ma petite ville de province et ses petits bars pour accepter une place au très prestigieux et très élitiste « Côooollège de Frâaaance ». C'est un temple de la connaissance et de la pensée. D'illustres inconnus tels que Champollion, Apollinaire ou Bourdieu y ont été professeurs. Le seul minuscule problème est qu'en fait de temple d'ouverture d'esprit, je n'ai trouvé là-bas qu'une bande de snobinards, certes très brillants, mais soumis à l'autorité stalinienne d'un professeur autocrate et cyclotomique, entretenant avec ses collaborateurs-victimes, des relations sadiques au possible. De son côté, pendant ce temps là, ma belle immature avait oublié de grandir dans sa charmante petite tête, alors j'ai plié bagage (mais Dieu que je l'aimais...) pour retrouver mes pénates, mes amis d'enfance et la fée Assedic. C'est ainsi que j'ai déboulé dans la charpenterie il y a peu...
Je vous entends déjà penser : « c'est qui çui-la, qui vient squatter chez Gaby pour étaler sa Life!?! », mais en fait tout ça m'amène à raconter une petite histoire qui m'est arrivé la semaine dernière.
J'entretiens la très saine habitude d'aller boire une petite bière après le boulot avec mes amis. Ça a le mérite de m'assurer un semblant de vie sociale, et de détendre mon petit corps meurtri par une dure journée de labeur. On se retrouve donc pratiquement chaque soir, avec d'autres trentenaires célibataires esseulés que je connais depuis l'enfance, dans un petit bar irlandais pas très loin de chez moi. Ce petit bar est un peu notre Central Perk à nous. Chacun y déboule, sa journée finie, sans s'être donné rendez-vous. Moi en débardeur platreux et pompes de chantier, d'autres en costards de jeunes cadres dynamiques, d'autres encore, look bobo et queue de cheval d'universitaires relaxes.
Un soir de semaine, je me pointe donc dans ce bar, tout content et le sentiment du travail accompli mais encore un poil amoché par une chute de 5m que j'avais faite quelques jours plus tôt, depuis la charpente de la maison que nous retapons. Dieu merci, miraculeusement je n'avais rien de cassé mais quelques articulations bien douloureuses quand même (faut pas pousser mamie dans les ronces, j'suis pas en adamantium..). Là... Personne... Mes amis, une fois n'est pas coutume, m'ont fait faux bond... Aucun d'entre eux n'est là et mon portable n'a plus de batterie... Si il y a bien une chose que je n'aime pas, c'est boire une bière tout seul. Deux choix s'offrent à moi alors : retourner chez moi par cette magnifique soirée de printemps pour retrouver mon frigo vide et m'affaler devant un DVD quelconque, ou alors me boire ma petite bière seul en maudissant les p'tits cons qui me servaient d'amis jusqu'à présent.
Le ventre en avant, la main sur les reins et la démarche un peu chaotique, j'opte pour la seconde solution et m'installe au bar tout seul dans l'espoir qu'au moins l'un d'entre eux pointe son nez (les salopiots !! bande de lâcheurs !!). Enfin bon, plus solitaire que seul, vu qu'une bonne vingtaine de personnes sont installées autour de moi, discutant de tout et de rien. Je reste assis devant ma pinte pendant une petite demi-heure, songeur et, en fait, pas mécontent d'être là, dans un calme relatif, en train de repenser à ce que je suis en ce moment, à ce qu'il faudrait que fasse dans la vie, à ce que je n'ai jamais fait. En bref, pas mécontent d'être inopinément méditatif. Je prends plaisir à regarder les gens heureux et détendus autour de moi : les jeunes hommes sont frais et enthousiastes, les jeunes femmes si belles et souriantes comme à chaque début du printemps, et je me dis qu'il faut être de marbre ou venir d'une autre planète pour ne pas tomber amoureux tous les 50 mètres en ce moment. Je me dis aussi, en regardant dans la glace en face de moi, mes cheveux blanchis par le plâtre, qu'il faudrait surement que j'aille prendre une douche de façon urgente... J'étais en train de jouer avec cette idée en regardant le fond de mon verre, lorsque le patron du bar me fait relever les yeux en posant une nouvelle pinte devant moi.
« C'est de la part de la femme là-bas, dit-il à mi-voix en pointant discrètement une table dans mon dos. Elle m'a demandé qui t'étais... me ressert-il avec un air de conspirateur du dimanche »
Perché sur mon tabouret, je me retourne aussi rapidement que mes reins endoloris me le permettent, pour apercevoir une jeune femme, assise seule à une table. Elle me sourit en portant la main qui ne tenait pas son bouquin, à son verre. Sourire... qu'elle a d'ailleurs magnifique. Une jeune femme dans la fin de trentaine, très BCBG, un regard pétillant sous des sourcils épilés à la Marlène, soutenu par des lunettes fines et carrées de working-girl bien dans ses pompes. Il faut dire qu'en tant que dragueur impénitent, j'ai plus l'habitude d'offrir des verres que d'en accepter. Du coup, par réflexe, je me retourne vers le patron, après lui avoir rendu un sourire gêné.
« C'est qui elle?
- Ben, c'est une cliente régulière, elle vient surtout le mardi pour la session de musique live, et elle s'appelle Hélène...
- Ah, sans dec'?... c'est pas une blague? Et y sont où les garçons?
- Non non... Y'a jamais de garçons, en tout cas j'en ai pas vu... me répond-t-il avec un sourire qui va pas tarder à virer au goguenard (j'le connais le bougre). »
J'ai reçu une excellente éducation, et bon, on ne tourne pas le dos à quelqu'un qui vous offre un verre. Donc je traine mes 90 kilos de courbatures à sa table.
« Bonjour mademoiselle, introduis-je , armé de mon plus beau sourire.
- Madame...
- Pardon?
- Madame, je suis mariée, donc : Madame ! M'assène-t-elle avec le même joli sourire »
Et ben ça m'a l'air bien parti c't'affaire...
« En tout cas merci pour le verre, vous... lançais-je plein d'inspiration
- Vous avez de très beaux yeux. On vous l'a déjà dit?
- Euh je, oui... En fait, je... Enfin oui...
- Et apparemment vous avez un sacré mal de dos ! »
Bon c'est le blitzkrieg, j'ai pas le temps d'en placer une...
« Euh oui, effectivement, c'est assez inconfortable...
- C'est marrant, m'interrompt-elle encore, vous avez pas une voix à travailler sur un chantier
- Parce qu'il y a une voix pour ça? Réponds-je avec l'infime espoir de me gagner quelques secondes de répit »
Je suis toujours debout devant sa table, avec l'impression de plus en plus tenace de repasser le bac de français.
« Donc j'ai raison : vous travaillez bien sur un chantier !
- Euh oui, mais...
- Vous pouvez vous assoir si vous voulez !
- Non !! Enfin pardon : non. J'aimerais juste pouvoir en placer une.
- Ah?
- ben voui, je me suis arrêté à «Bonjour Mademoiselle»...c'est un peu court, non?»
Une éternité de silence s'immisce entre moi et la chaise sur laquelle je suis supposé m'assoir. Je pose ma pinte sur la table, tente de poser mes fesses avec le moins de contorsions possibles en face de mon interlocutrice. Je viens de voir une brèche dans son sourire... Il est toujours le même, mais le regard pétillant se fait un peu plus lointain.
« Merci pour le compliment, dis-je.
- Pardon?
- Merci pour le compliment sur mes yeux !
- Ah oui ! J'étais ailleurs, désolé, reprend-t-elle les yeux repétillants.
- Ben on est deux, parce que je commençais à me demander si j'étais pas entré dans la quatrième dimension.
- Ah bon? Pourquoi?
- Tu abordes tout le monde comme ça?
- Non seulement les gens qui me plaisent... »
Putain de silence... Je suis un grand romantique en fait... Et là ça va un poil vite pour moi. Solution de repli : la caricature ! J'enfile mon armure.
« Je t'inventerai bien des perles de pluies, et je serais bien l'ombre de ta main mais...
- Tu me tutoies maintenant?
- ... (silence estomaqué)
- ... (silence guerrier)
- Et si on sortait de l'adolescence, là, tout de suite, maintenant ! Ça ferait plaisir à nos parents, non?
- Pardon... En fait je suis un peu gênée... »
Ouwaouh !! Cette expression sur son visage, mon dieu Rom ! Ne laisse rien paraître !
La belle Hélène est traumatologue, a 46 ans, en fait 10 de moins, et est mariée depuis 17 ans. Elle m'a invité à sa table car elle n'avait pas envie de boire son verre seule encore une fois. Elle ne voit son époux buisness-man qu'une semaine par mois, et ce soir-là, elle ne voulait vraiment pas boire sa bière seule. Mon mal de dos, lui a donné un prétexte pour me convier à soulager sa solitude. Au moins, elle était sûr, vu sa profession, que nous pourrions parler de quelque chose.
Nous avons passé la soirée à badiner, dans le même registre un peu braque et un peu acide. Jusqu'à ce que la belle m'offre de me raccompagner chez moi. Après un moment d'hésitation assez court, l'alcool a balayé mes réticences, et nous avons fini la nuit chez moi. Je lui ai donné tout ce que je retenais de tendresse, de sensualité et de compréhension au fond de moi depuis si longtemps. Je le lui ai donné comme ça sans rien demander en retour et nous avons passé une nuit rare. Elle n'aimait pas ses pieds, ils étaient magnifiques, je les ai embrassé. Elle regrettait ses seins de jeunes filles, j'ai chéri ses seins de femme. Elle avait peur de n'être pas sensuelle, d'être maladroite avec un autre, depuis tout ce temps : on s'est inventé un langage à deux, fait de son passé et du mien. C'était une femme fontaine, elle avait peur que je n'en connaisse rien, je lui ai dit qu'elle était une déesse...
Elle m'a sauvé d'une solitude que je ne savais pas abyssale... Elle m'a donné son regard, et j'ai gouté l'image que j'y voyais. Elle m'a donné son corps, et j'ai pardonné au mien. Cela faisait des siècles que je m'interdisais tellement de choses...
Le lendemain matin je me réveille seul... Sur la table de nuit, 300€ et un petit mot...
« Merci pour cette nuit, on m'a dit ce que tu étais. Merci, tu m'as sauvée...»
Je ne l'ai toujours pas revue. Je n'ai pas son numéro de téléphone. Je ne sais pas ce qu'on lui a dit, je ne sais quoi en penser. J'alterne entre révolte et incompréhension...
J'ai fait beaucoup de métiers dans ma courte vie, mais c'est le seul que je regrette...