mardi 10 février 2009
Mieda de mierda
Il est 5h du mat'... c'est le chaos absolu, comme si l'univers se repliait sur lui-même. Le vent gronde, hurle, tape, étrille les parois de mon nid, de mon chez moi. Les murs grondent et vibrent. Dehors, la danse des vents bat son plein. Les vents partent en guerre, une guerre invisible contre mon, notre ego, contre nos vanités, tout est clair, on sombre corps et biens... plus ne m'est rien, je suis au milieu d'une tornade, un lampadaire vient de se faire arracher de son socle comme une brindille morte de son arbre. Mais j'aime ça ! Dieu que j'aime ça ! Un amour de gamin téméraire, teinté de peur. Une invitation à la folie et à la démesure. Je redeviens petit garçon...
Il y a bien longtemps que rien d'extérieur ne me faisait plus peur. Là j'ai 8 ans, je suis dans l'eau, le temps est mauvais, mon père me tient par la main et m'empêche d'être emporté par une vague de 2m, je ris d'un plaisir immense et terrifié, le ciel est noir comme la nuit. Le vent hurle et l'eau est froide, très froide, mais mon père me dit de combattre ma peur. Comme une litanie de Bene Gesserit. Je crois qu'il veut me faire comprendre qu'on ne peut éviter certaines choses mais qu'il faut faire front parfois. Seuls les animaux, les bêtes sont irrationnels.
J'ai 10 ans, je dois débrancher un appareil électrique dont la prise commence à grésiller dangereusement. Je n'y arrive pas, j'ai trop peur de la décharge. Une flamme apparait, je cris qu'il y a le feu ! Mon père arrive en courant, sans hésitation se saisit de la prise, se prend la décharge en débranchant la prise et m'éloigne des lieux de la panique dans ses bras...
J'ai 22 ans, je suis un cadavre vivant, en perpétuel panique. Je m'enferme dans la cave de mes parents au coucher du soleil tellement l'angoisse est insupportable, et je me tais et hurle à l'intérieur, pétrifié. Personne ne peut rien y faire, je suis un oiseau, un animal terrifié par la tombée du jour, un animal paralysé qui a perdu son chant. Mon frère se tient devant la porte, depuis les profondeurs de mon calvaire j'arrive à lire dans ses yeux toute la détresse de voir cet être qu'il aime, son frère, cette demi-bête recroquevillée dans un coin... il éteint la lumière et dans le noir vient se blottir contre moi et je retrouve quelques secondes mon statut de grand frère...
J'ai toujours 22 ans, nous traversons les alpes en famille, je conduis. Autoroute de cauchemar, la circulation est hallucinante. Alternent tunnels hypnotiques et viaducs enjambant des précipices démentiels, sans bande d'arrêt d'urgence, impossible de s'arrêter, pas de recours. Une crise de panique me prend au 13ème tunnel. je continue, je m'accroche, je ne peux pas céder, ma famille tout entière est dans la voiture, je ne peux pas, je ne peux pas, c'est l'enfer !!! les secondes sont des siècles, je n'y arriverai jamais !!! jamais !!! jamais !!! Je vais tous les tuer, mon dieu !!!... Mais je tiens... j'y arrive... une bande d'arrêt d'urgence nous sauve, j'arrête tout... je sors de la voiture tremblant, nauséeux, ravagé... Mon père sort... ne dit rien, me tend une clope... et me sourit...
J'ai 31 ans, je sors d'un bar, une bande de 5 mecs m'attendent, ainsi que les deux amies qui m'accompagnent... La situation est sans issue, ils commencent à m'envoyer des gifles provocatrices, puis devant mon manque de réaction, devant ma volonté bien inutile de concilier les choses, commencent à gifler les femmes qui m'accompagnent, j'ai très peur, envie de vomir, l'estomac noué... Je me jette sur le plus proche et en mets deux à terre... les trois restants m'ont frappé à terre pendant 10 très longues minutes avant de partir... Je n'ai jamais vu plus beaux sourires que ceux que m'ont adressé mes amies... après...
Qu'est-ce que la peur? Je sais vraiment pas, ce soir que tous les éléments se déchainent. Je me sens tout petit. Comme si j'étais redevenu le gamin terrorisé par les vagues...
Ce dont je suis sûr, c'est qu'on est jamais, jamais sûr de gagner contre elle... mais on se sent tout de même un peu moins "bête" à force d'essayer...
une bonne nuit et des bises.
Commentaires
J'adore...
votre blog que je viens de découvrir! Un sacré bon moment passé et je me délecte à l'avance "des suites"! Mierda de mierda m'a fait froid dans le dos, mais heureusement j'ai trouvé les autres plus "rigolos" et votre sytle très accrocheur...
ce qui fait que je reviendrai!...
contrôler sa peur, essayer de la combattre c'est déjà vivre un peu, quelle chance de le pouvoir!!!!
La peur...
La peur donne le mal au ventre comme quand l´amour fout le camp.Au fait j´ai rêvé d´Anya.Elle était rentrée á Marseille et se prélassait sur sa terrasse face á la mer pendant que son copain jouait á la WI avant d´aller voir l´OM avec ses potes.aprés je me suis réveillée et j´ai bu un petit noir et engloutit un gros pistolet.
@margueritecactus : merci pour le compliment ça fait très plaisir :) tu es bienvenu par ici :) j'essaye d'écrire la suite du conte de douai des que j'aurai deux minutes ! y aura du sexe, du sang, de la passion et tutti quanti !
@princesse Tox : dans ce domaine je pense que tu pourrais donner pas mal de leçon, à moi en premier ! Tiens le coup mamzelle, tu as pris la bonne decision, celle de prendre le temps, faut pas sortir trop vite. Peut-etre pas avant que tu sentes ok, en tout cas c'est mon avis :) des bises
@liliane : un gros gun? :) quel reveil ! tu sais Anya est comme les fées, plus on rêve d'elle plus elle devient réelle... bientôt elle pourra t'entendre :)
désolé
Désolé pour le Bug.un pistolet n´est pas un gun,mais une Patisserie qu´on se goinfre le matin et qui coûte nonantes centimes pour être en forme toute la journée.Bon tir...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=257720&pid=12473830
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :